Elle consiste à confondre intérêt public et intérêt privé. Un service public est nécessairement une charge assumée par une communauté selon un intérêt général. Il est financé par l'impôt. Vouloir appliquer des méthodes de management du privé au public pour qu'il devienne rentable est un choix de société. La cohésion nationale est fondée sur l'idée que l'impôt est un effort collectif au service de tous. Ceci n'empêche pas de faire des économies bien sûr mais à la ville de Saint-Dizier on fait passer pour vertueux l'économie de trombones faute de vouloir assumer son rôle de puissance publique.
Ce qui est drôle c'est que l'exemple choisi par le maire sur le Pôle emploi tombe au moment où le gouvernement qu'il soutient dégage plus de moyens pour renforcer les effectifs de l'ex-ANPE. 1000 CDD sont ainsi annoncés pour faire face au flux incessant des nouveaux chômeurs. D'autre part, en ne remplaçant pas un poste sur deux dans l'Education nationale alors que les effectifs ne cessent de s'accroître (1) - le ministre Michel Mercier évoque aujourd'hui une "explosion de la démographie scolaire" - faire mieux avec moins ne va pas sans remettre en cause certains choix politiques comme celui de confier au privé une partie plus importante de l'éducation scolaire.
C'est toujours sur le social que François Cornut-Gentille grignote (baisse de 3% pour le CCAS et de 3% également pour les associations). Pour ce qui est de l'image, la sienne, il ne rechigne pas sur les moyens. La collectivité va payer ainsi près de 100 000 euros pour financer une télévision locale privée, les subventions en faveur des animations commerciales au centre ville sont aussi très conséquentes à Noël. Du clinquant, tu tape-à-l'oeil pour masquer une réalité un peu moins reluisante (2) mais aussi une politique de l'économie qui est davantage encore une économie de la politique, c'est-à-dire un clientélisme.
- (1) La France à dépassé en 2008 les 64 millions d'habitants soit 10 millions de plus en 30 ans, immanquablement le nombre d'enfants à scolariser ne peut qu'exploser dans cette génération.
- (2) Le taux de chômage (2008-2009) à Saint-Dizier atteint des records avec 12,3 % (8,8% l'année dernière) contre 10 % pour le département et 9 % au niveau national.

0 commentaires:
Enregistrer un commentaire